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Interview de Cathy Monchéri, coach pour Haut Potentiels

Cathy Montchéri est coach spécialisée pour les personnes adultes et jeunes adultes à Haut Potentiel depuis une dizaine d’années.

Elle a découvert par hasard à l’âge de 38 ans qu’elle était une personne à haut potentiel.

 

Depuis très longtemps, elle se questionnait beaucoup sur qui elle était, ce qu’elle ressentait et pourquoi elle ressentait les choses différemment des autres. 

A cette époque elle est maître praticienne en PNL et fait déjà de l’accompagnement pour adultes.

 

Mais c’est en découvrant un livre intitulé « Différences et Souffrances du surdoué. » de Cécile BOST qu’elle comprend d’où viennent ses problématiques existentielles. La prise de conscience est plutôt rude : ce livre parle d’elle, de ses souffrances, mais aussi de ses forces.

 

A partir de là, elle décide de se consacrer exclusivement à l’accompagnement des Hauts Potentiels. 

 

Cathy G-Monchéri - Accueil | Facebook

 

Les gens qu’elle accompagne sont souvent des adultes ou des adolescents et même des parents d’enfants haut potentiel qui ont l’impression d’être complètement inadaptés à notre monde, qui sont en grande souffrance, et qui ne voient pas comment s’en sortir. 

 

Le travail d’accompagnement de Cathy consiste à identifier précisément ce qui pose problème à la personne haut potentiel grâce à son expérience personnelle bien sûr mais aussi à ce travail qu’elle fait depuis plus de 10 ans.

Elle les aide à trouver les réponses à « Qui suis-je ? Qu’est ce qui me caractérise ? Etre haut potentiel, esst-ce un cadeau ? Une malédiction ? »

En fait, rien n’est simple pour la personne hp ni pour son entourage. 

 

Un zèbre (comme on appelle la personne à haut potentiel de manière affectueuse à cause des rayures qui le différencie du cheval) doit accepter d’avoir une capacité de réflexion, de compréhension très poussée mais d’être aussi très maladroit voire inadapté dans ses relations sociales ou dans les choses du quotidien, qui semblent aux autres totalement simples, routinières, mais qui pour le zèbre semblent être la mer à boire !! 

 

Très souvent pour poser le « diagnostic », les gens souhaitent passer un test de QI. 

Cathy conseille de passer par un psychologue lui-même haut potentiel car le critère émotionnel, l’angoisse, le stress doivent être pris en compte et font même partie intégrante du résultat. Elle recommande le cabinet de Fabrice Bak sur Lyon.

 

Lors de notre entretien, je lui ai posé plusieurs questions liées aux collégiens et à l’enseignement de l’anglais.

 

 

En quoi les élèves à haut potentiel sont-ils des élèves particuliers ?

 

Chaque enfant bien sûr est unique mais effectivement l’enfant haut potentiel est un enfant particulier. Dès l’école primaire, c’est un enfant qui va se poser beaucoup de questions, que tous les autres enfants aussi se poseront un jour sauf que lui, il va se les poser parfois vers 5 ans. 

Ce sont des questions sur la vie, la mort, les étoiles, le temps qui passe, des questions très profondes pour un enfant. Ils ont une soif de connaissance, mais parfois face à des adultes qui ne veulent pas leur donner de réponses parce qu’ils pensent qu’ils sont trop jeunes, qu’il est trop tôt, cela peut les angoisser, les stresser. 

 

Pour les professeurs, il est important de répondre à ces questions même si elles ne sont pas exactement le sujet de la leçon. Par contre, cela peut être fait en dehors du cours ou du groupe classe bien sûr.

 

C’est un enfant particulier parce que bien qu’il ait un cerveau qui fonctionne différemment, il reste un enfant de 5-6 ans avec certaines activités d’enfant, des chagrins d’enfant...

 

La maturité de cet enfant là, ne concerne que le fonctionnement d’un enfant. Et comme émotionnellement, c’est également quelqu’un d’hyper sensible, on parle même d’hyper kinesthésie, car tous ses sens sont en éveil, tous ses sens sont d’une sensibilité extrême.

Ce sont des enfants qui sont facilement incommodés par le bruit, ce sont des enfants que les vêtements grattent : les étiquettes les grattent, les coutures les grattent, les boutons les dérangent...

Ils ont cette hypersensibilité en termes d’émotivité aussi. 

Quand à l’école un enfant lui dit « Tes chaussures sont moches », pour les autres enfants ça n’a aucune importance, pour les adultes, c’est totalement anodin, mais lui, ça le touche profondément, car il en découle dans sa tête « tu es en train de dire que je n’ai pas de goût, que moi je suis moche, que je ne suis pas intéressant, que peut-être, je ne mérite même pas de vivre ... »

Tout est démultiplié, l’enfant hypersensible regarde tout le temps sa vie avec une loupe !

 

Il est très particulier aussi dans ses relations aux autres : ses parents, sa fratrie, sa famille, ses amis parce qu’il risque d’entrer en conflit assez facilement avec les autres.

Il aime que les choses soient cohérentes, claires. Si quelque chose ne lui parait pas juste, pas cohérent, il va le dire et va passer facilement pour quelqu’un d’insolent, quelqu’un qui se prend pour quelqu’un d’autre ou pour quelqu’un qui n’a pas à répondre de cette façon aux adultes.

Les interprétations face à cet enfant peuvent être assez fortes, et finalement inadéquates lorsqu’on sait exactement pourquoi l’enfant est comme ça.

 

Par son flot de question, sa manière de fonctionner, il y a de fortes chances pour qu’il s’ennuie à l’école.

 

 

Ont-ils de méthodes d’apprentissage particulières ?

 

A l’école primaire, les enfants haut potentiel ne posent pas trop de problème à part quelques soucis de comportement parce qu’ils rêvassent, ou s’agitent un peu parce qu’ils s’ennuient. Mais il y a peu de problématique d’isolement. Au niveau du travail, c’est plutôt fluide.

 

Là où les problèmes commencent vraiment, c’est souvent au collège car en primaire, ils n’ont pas vraiment eu beaucoup d’efforts à fournir, ils ont compris plutôt facilement, ils n’ont pas eu de difficultés pour traiter les informations qu’on leur a données. Il peut y avoir des exceptions mais cela se traite sans souci notamment lorsque l’enfant haut potentiel est aussi dyslexique, dysphasique ou a un trouble de l’attention ...

 

Au collège, que l’on ait cette forme d’intelligence ou pas, il faut fournir des efforts, il faut apprendre, il faut travailler et le zèbre ne sait pas fournir des efforts, ne sait pas travailler parce qu’il n’a jamais eu besoin de le faire, parce que tout était facile à retenir sans avoir besoin de travailler, sans avoir besoin de fournir des efforts. Et donc, ce petit enfant qui avait le sentiment que tout était assez facile, se trouve tout à coup face à quelque chose de plus difficile. 

 

C’est pour cette raison qu’ils vont avoir besoin du soutien de leurs parents mais aussi celui des professeurs même si ce n’est pas toujours facile au milieu d’une classe entière.

Les parents ont donc un rôle primordial au départ en termes d’organisation : c’est ce qui va pêcher le plus pour cet enfant-là.

 

Quand on dit à un enfant haut potentiel « tu dois ramasser ton cahier, tu dois ranger tes clés, tu dois poser ton cartable ici », c’est trop d’informations d’un seul coup.

Alors que c’est un enfant qui à l’intérieur de son cerveau a douze mille informations qu’il va pouvoir traiter assez facilement, et qu’il va classer, dans le cheminement de sa pensée, au niveau des tâches à exécuter, c’est autre chose qui est en train de se passer et pour lui, c’est l’enfer.

 

On peut l’aider à s’organiser notamment par rapport aux matières en utilisant un code couleur.

On peut acheter des casiers plastiques à tiroirs pour organiser ses affaires dans sa chambre et là aussi on pourra étiqueter chaque tiroir avec la couleur qui correspond à la matière.

 

On peut aussi lui apprendre à ranger ses affaires le soir, préparer son cartable le soir tranquillement, utiliser un cahier de texte, un agenda parce que rien que ça peut s’avérer compliqué pour le petit zèbre. 

Comme il a l’impression d’avoir intégré tout ce que le professeur lui a dit en classe, il n’a pas forcément noté tout ses devoirs alors qu’une fois à la maison, il aura très souvent oublié. 

Aujourd’hui, la plupart des établissements scolaires utilisent une application permettant aux parents et aux élèves de vérifier les devoirs à faire, alors il ne faut pas hésiter à l’utiliser pour vérifier que l’enfant a bien tout noté.

 

On pourra lui montrer l’importance de travailler, de bien apprendre ses leçons mais surtout vérifier qu’il y a compréhension parce qu’un petit hp qui doit apprendre quelque chose sans qu’il ait compris, ça ne marche pas !

 

On peut lire les leçons avec lui, car cela permet aussi de vérifier sa prise de notes, et lui demander ce qu’il en a compris. Si tout est clair, il n’aura aucune difficulté à apprendre mais s’il reste des zones floues, il faudra lui réexpliquer. 

Les enfants hp sont comme les autres enfants dans le sens où certains vont avoir besoin de recopier leurs leçons, d’autres de la lire plusieurs fois, et même parfois, ils peuvent aussi l’apprendre en chantant, car le rythme leur permet de retenir les informations plus facilement.

Par contre, si le temps de devoirs s’éternise, il ne faut pas hésiter à faire faire une pause à l’enfant qui a besoin de souffler très régulièrement.

 

Lors de la prise de note en classe, là aussi on peut les encourager à utiliser un code couleur. Cela ne prend pas plus de temps d’écrire les titres en rouge, ou souligner les choses importantes.

Il faudra leur apprendre à espacer leurs notes car ce sont souvent des enfants qui écrivent assez petit et tout serré ! Il faut que leurs notes soient claires pour faciliter l’apprentissage.

 

 

Quels problèmes peuvent-ils rencontrer à l’école ?

 

Très souvent pour les zèbres, les difficultés sont liées au manque de travail, aux problèmes d’organisation, de structure..

Ils peuvent également se sentir isolés par rapport aux autres, en décalage très fort à cause de leur capacité de compréhension si rapide. Ce sentiment peut les rendre tristes, ou être source d’angoisse.

 

Ils sont aussi souvent confrontés à l’échec scolaire, car ils n’ont pas forcément envie de travailler et parce que les adultes autour d’eux ne comprennent pas forcément leurs difficultés, eux qui en primaire étaient plutôt de bons élèves. C’est très douloureux pour eux. 

En général, la seule chose c’est qu’ils doivent se mettre au travail ! 

 

Il faut aussi beaucoup les rassurer (leur hyper sensibilité est toujours à prendre en compte) et leur apprendre la persévérance. 

 

 

Y a-t-il une problématique particulière liée à la précocité et à l’anglais ?

 

Pas vraiment, la seule problématique qu’un hp peut rencontrer face à l’apprentissage des langues vivantes, c’est lorsqu’il n’arrive pas à mettre du sens. 

Mais en général, les langues sont plutôt des domaines qui intéressent les haut potentiels car ils voient que cela leur sert à quelque chose : cela va leur permettre de traduire leurs chansons préférées, de regarder leurs séries favorites en VO, ou pour cette génération hyper connectée, ils vont pouvoir trouver sur internet du contenu beaucoup plus riche sur leurs passions.

Pour eux, s’il y a du sens, cela a de l’intérêt !

 

Mais s’ils se posent la question « à quoi ça sert de parler anglais ? », là ce sera plus compliqué de leur faire apprendre quoique ce soit.

Si en plus d’être HP, il est aussi dyslexique ou autre, là, on retombe dans les problématiques spécifiques des dys. 

 

 

Quels conseils pouvons-nous donner aux parents de ses enfants précoces ?

 

On peut leur conseiller de poser des questions aux enfants lorsqu’ils sont en échec ou qu’ils n’ont pas envie de travailler car un enfant hp va préférer ne pas faire du tout plutôt que de faire mal. 

S’il ne travaille pas, c’est peut être juste parce qu’il ne se sent pas assez à l’aise et qu’il aurait besoin qu’on lui réexplique telle ou telle chose. C’est important d’être très à l’écoute et de communiquer énormément avec lui pour comprendre ça.

Ce sont des enfants qui baissent vite les bras, alors il faut leur apprendre à persévérer tout en restant fermes et bienveillants.

 

En dehors de la partie scolaire, il est important qu’ils aient quelque chose qui les anime, une espèce de bouffée d’oxygène qui peut être une activité sportive ou une activité créative. En effet, l’activité créative à côté va permettre à l’enfant hp de souffler vraiment, de reprendre son oxygène naturel qui est fortement en lien à sa créativité et à l’expression de ses émotions.

 

Lorsqu’on a identifié qu’on a un enfant haut potentiel, ce n’est pas la fin, ce n’est que le début de l’aventure, car on nait hp, on grandit hp, on vieillit hp !

 

Ce sont aussi des enfants qui ont une lucidité extrême, et qui vont souvent confronter les adultes créant des conflits dans les relations. Les adultes ne doivent pas se laisser prendre à se jeu là, l’enfant hp ne le fait pas pour entrer en conflit mais pour avoir des réponses à ses questions.

 

Ce sont souvent des éponges à émotions qui repèrent toutes les tensions, les crises sous-jacentes, et qui sont donc particulièrement touchés par tout ce qui les entoure.

 

Ils ont besoin d’être pris au sérieux, d’obtenir des réponses claires à leurs questions.

 

Il a aussi besoin d’apprendre à gérer ses frustrations car comme il veut tout tout de suite, il se rend compte que parfois, ce n’est pas possible. Il va falloir que le parent soit là pour le soutenir, lui dire que ce n’est pas grave, que chaque chose arrive en son temps.

 

 

Si vous souhaitez entrer en contact avec Cathy Montchéri, vous pouvez utiliser sa page Facebook intitulée

 

Meaningful Programme

 

 

 

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